blue,blue,electric blue
blue,blue,electric blue
+
leksikonyumitologije:

Mihajlo Arsovski, plakat za film Dušana Makavejeva Ljubavni slučaj, 1967.
+
shihlun:

John Divola, Dogs Chasing My Car in the Desert, 1996-2001
shihlun:

John Divola, Dogs Chasing My Car in the Desert, 1996-2001
shihlun:

John Divola, Dogs Chasing My Car in the Desert, 1996-2001
+
tohjiro:

Rope & Photo : Akira Naka 
Model : Iroha Shizuki
+
joehamilton:

Batrizon
+
powerviolent:

andrew WK partied too hard 
+
+
merzbow-derek:

ALEXANDER VON SCHLIPPENBACH
A écouter les disques d’Alexander Von Schlippenbach pour le compte de Free Music Production (FMP), coopérative et label que ce pianiste allemand mit sur pied en compagnie de Peter Brötzmann, Peter Kowald et Jost Gebers, certains auront peut-être du mal à imaginer que l’appartenance au seul jazz soit revendiquée sans ambigüité. Alexander Von Schlippenbach se considère en effet comme un « musicien de jazz » (c’est lui qui le dit), et qu’il soit « blanc et européen » (comme il le souligne) n’y change rien.
Dans les années soixante-dix, en réponse au free jazz d’essence afro-américaine, chez nous, la critique s’est essayée à conceptualiser l’idée d’une Nouvelle Musique Européenne (N.M.E.), expression créée par Laurent Godet dans les colonnes de Jazz Hot, afin de rendre notamment compte du travail d’un Derek Bailey ayant d’ailleurs régulièrement sévi, à une époque, aux côtés d’Alexander Von Schlippenbach. Cette appellation ne s’applique pourtant pas vraiment au pianiste, qui la réfute. Le free découle du jazz, c’est une évidence, et Alexander Von Schlippenbach, lorsqu’on le questionne à ce sujet, préfère s’inscrire dans sa filiation qu’il reconnaît plus volontiers que l’improvisation totale communément associée à la scène européenne de la seconde moitié des années soixante dont il est issu, et bien qu’il la pratique également.
En fait, et peu importe le contexte, que ce soit en duo avec le percussionniste d’AMM Eddie Prévost, ou dialoguant avec les platines de DJ Illvibe, son instrument, selon lui toujours et en fonction de l’usage qu’il en fait, le rattache clairement à une histoire qu’il a fait sienne, et dont Art Tatum, Oscar Peterson, Horace Silver, Thelonious Monk et Cecil Taylor constituent à ses yeux autant de jalons historiques importants.
Avec le dernier par exemple, est partagée une même approche physique, surtout dans les enregistrements en grande formation du Globe Unity Orchestra, ou bien encore en compagnie des saxophoniste et batteur Evan Parker et Paul Lovens, trio au sein duquel l’absence de basse induit un rapport immédiat à la batterie que recherche également Cecil Taylor. Approche dont émanent des qualités voisines, entre autres des effets d’accumulation et d’accélération participant, chez l’un comme chez l’autre, d’une attaque littéralement percussive.
Sauf que la patte d’Alexander Von Schlippenbach, tout comme celle de Cecil Taylor, ne peut en aucun cas se résumer aux seules débauches d’énergie – tension, dissonances, réitérations et prolixité mêlées. Ce que démontrent ses solos Twelve Tone Tales Vol. I & II comme sa relecture en quintette de l’intégrale du répertoire monkien, même si, d’évidence, tout au long, la place accordée au silence n’est pas la même que dans les versions originales. Composer avec le silence est un art, tout les musiciens ne s’y emploient pas de la même façon.
Paradoxalement d’ailleurs, et plus encore qu’en solo, c’est dans le Globe Unity Orchestra, ou au sein du Trio régulier avec Parker et Lovens, qu’Alexander Von Schlippenbach se révèle totalement maître de l’espace et du temps. Véritable gageure au vu du nombre minimum de musiciens réunis dans le premier. Une formation au patronyme tiré d’une pièce interprétée en studio à Cologne en 1966, mélangeant repères couchés sur partition et improvisations. En soi, son titre (« Globe Unity » donc) trace dès le départ un chemin à explorer, au fil du temps et de changements de personnel, où pratiques, origines et, désormais, générations – Capozzo, Dörner, Bishop et Mahall ayant rejoint les Dudek, Schoof, Lovens et Lytton – servent un même objectif. Celui-ci visant à « fusionner » tous les instruments en présence, globalement, en une même unité – et avec pour dénominateur commun l’improvisation, galvanisée par des structures permettant l’exacerbation du jeu. L’idée de Globe, d’Unité, se réfère à l’atome, à la Terre et au Cosmos – sans mysticisme. Et l’orchestre opère tel un piano démultiplié à l’envi, sous la direction d’un chef, la simultanéité de ce que développe chacun des musiciens s’insinuant dans un véritable vortex – amplifiant chaque accentuation, chaque silence, chaque variation et chaque changement de registre.
S’articulant à l’intersection d’incessants échanges, la complémentarité des intentions se révèle ainsi maximale. Ce qu’Alexander Von Schlippenbach, quelque part, tient en partie de l’expérience acquise au cours d’études musicales suivies à Berlin, où le compositeur Bernd Alois Zimmerman est croisé et apprécié. Personnage dont le pianiste a retenu que passé, présent et futur participaient d’un même geste – le second se nourrissant du premier afin d’ouvrir sur le troisième. Ainsi, chez Schlippenbach, l’apprentissage du piano mène-t-il des « Tiger Rag » d’Art Tatum et « Crepuscule With Nellie » de Monk à Cecil Taylor ; tout comme semblent patentes des textures communes entre le Jazz Composers’ Orhestra de Michael Mantler (avec Cecil Taylor), Ascencion de Coltrane, Hymnen de Stockhausen et le Globe Unity Orchetra complété, à la demande de Michael Naura au milieu des seventies, par le chœur de la NDR.
Alex Von Schlippenbach ? Du free donc, nourri d’influences multiples, héritées de tous les jazz y compris du rag et du New Orleans, mais aussi de la musique contemporaine, et d’une certaine effervescence liée à l’émergence d’un au-delà du rock typiquement allemand dans les années soixante-dix, ce dont atteste, sur le premier opus du Globe Unity Orchestra, la présence des batteurs Jaki Liebezeit et Mani Neumier, de Can et Guru Guru.
Bande-son : The Living Music (Atavistic), Globe Unity 67 & 70 (Atavistic), Hamburg ’74 (Atavistic), Twelve Tone Tales I & II (Intakt), Monk’s Casino (Intakt)
merzbow-derek:

ALEXANDER VON SCHLIPPENBACH
A écouter les disques d’Alexander Von Schlippenbach pour le compte de Free Music Production (FMP), coopérative et label que ce pianiste allemand mit sur pied en compagnie de Peter Brötzmann, Peter Kowald et Jost Gebers, certains auront peut-être du mal à imaginer que l’appartenance au seul jazz soit revendiquée sans ambigüité. Alexander Von Schlippenbach se considère en effet comme un « musicien de jazz » (c’est lui qui le dit), et qu’il soit « blanc et européen » (comme il le souligne) n’y change rien.
Dans les années soixante-dix, en réponse au free jazz d’essence afro-américaine, chez nous, la critique s’est essayée à conceptualiser l’idée d’une Nouvelle Musique Européenne (N.M.E.), expression créée par Laurent Godet dans les colonnes de Jazz Hot, afin de rendre notamment compte du travail d’un Derek Bailey ayant d’ailleurs régulièrement sévi, à une époque, aux côtés d’Alexander Von Schlippenbach. Cette appellation ne s’applique pourtant pas vraiment au pianiste, qui la réfute. Le free découle du jazz, c’est une évidence, et Alexander Von Schlippenbach, lorsqu’on le questionne à ce sujet, préfère s’inscrire dans sa filiation qu’il reconnaît plus volontiers que l’improvisation totale communément associée à la scène européenne de la seconde moitié des années soixante dont il est issu, et bien qu’il la pratique également.
En fait, et peu importe le contexte, que ce soit en duo avec le percussionniste d’AMM Eddie Prévost, ou dialoguant avec les platines de DJ Illvibe, son instrument, selon lui toujours et en fonction de l’usage qu’il en fait, le rattache clairement à une histoire qu’il a fait sienne, et dont Art Tatum, Oscar Peterson, Horace Silver, Thelonious Monk et Cecil Taylor constituent à ses yeux autant de jalons historiques importants.
Avec le dernier par exemple, est partagée une même approche physique, surtout dans les enregistrements en grande formation du Globe Unity Orchestra, ou bien encore en compagnie des saxophoniste et batteur Evan Parker et Paul Lovens, trio au sein duquel l’absence de basse induit un rapport immédiat à la batterie que recherche également Cecil Taylor. Approche dont émanent des qualités voisines, entre autres des effets d’accumulation et d’accélération participant, chez l’un comme chez l’autre, d’une attaque littéralement percussive.
Sauf que la patte d’Alexander Von Schlippenbach, tout comme celle de Cecil Taylor, ne peut en aucun cas se résumer aux seules débauches d’énergie – tension, dissonances, réitérations et prolixité mêlées. Ce que démontrent ses solos Twelve Tone Tales Vol. I & II comme sa relecture en quintette de l’intégrale du répertoire monkien, même si, d’évidence, tout au long, la place accordée au silence n’est pas la même que dans les versions originales. Composer avec le silence est un art, tout les musiciens ne s’y emploient pas de la même façon.
Paradoxalement d’ailleurs, et plus encore qu’en solo, c’est dans le Globe Unity Orchestra, ou au sein du Trio régulier avec Parker et Lovens, qu’Alexander Von Schlippenbach se révèle totalement maître de l’espace et du temps. Véritable gageure au vu du nombre minimum de musiciens réunis dans le premier. Une formation au patronyme tiré d’une pièce interprétée en studio à Cologne en 1966, mélangeant repères couchés sur partition et improvisations. En soi, son titre (« Globe Unity » donc) trace dès le départ un chemin à explorer, au fil du temps et de changements de personnel, où pratiques, origines et, désormais, générations – Capozzo, Dörner, Bishop et Mahall ayant rejoint les Dudek, Schoof, Lovens et Lytton – servent un même objectif. Celui-ci visant à « fusionner » tous les instruments en présence, globalement, en une même unité – et avec pour dénominateur commun l’improvisation, galvanisée par des structures permettant l’exacerbation du jeu. L’idée de Globe, d’Unité, se réfère à l’atome, à la Terre et au Cosmos – sans mysticisme. Et l’orchestre opère tel un piano démultiplié à l’envi, sous la direction d’un chef, la simultanéité de ce que développe chacun des musiciens s’insinuant dans un véritable vortex – amplifiant chaque accentuation, chaque silence, chaque variation et chaque changement de registre.
S’articulant à l’intersection d’incessants échanges, la complémentarité des intentions se révèle ainsi maximale. Ce qu’Alexander Von Schlippenbach, quelque part, tient en partie de l’expérience acquise au cours d’études musicales suivies à Berlin, où le compositeur Bernd Alois Zimmerman est croisé et apprécié. Personnage dont le pianiste a retenu que passé, présent et futur participaient d’un même geste – le second se nourrissant du premier afin d’ouvrir sur le troisième. Ainsi, chez Schlippenbach, l’apprentissage du piano mène-t-il des « Tiger Rag » d’Art Tatum et « Crepuscule With Nellie » de Monk à Cecil Taylor ; tout comme semblent patentes des textures communes entre le Jazz Composers’ Orhestra de Michael Mantler (avec Cecil Taylor), Ascencion de Coltrane, Hymnen de Stockhausen et le Globe Unity Orchetra complété, à la demande de Michael Naura au milieu des seventies, par le chœur de la NDR.
Alex Von Schlippenbach ? Du free donc, nourri d’influences multiples, héritées de tous les jazz y compris du rag et du New Orleans, mais aussi de la musique contemporaine, et d’une certaine effervescence liée à l’émergence d’un au-delà du rock typiquement allemand dans les années soixante-dix, ce dont atteste, sur le premier opus du Globe Unity Orchestra, la présence des batteurs Jaki Liebezeit et Mani Neumier, de Can et Guru Guru.
Bande-son : The Living Music (Atavistic), Globe Unity 67 & 70 (Atavistic), Hamburg ’74 (Atavistic), Twelve Tone Tales I & II (Intakt), Monk’s Casino (Intakt)
+
+
+
kkshow:

c7540c28747755a035ff7e5ddf26a905.png